SÉNÉGAL / DIALOGUE INTERRELIGIEUX UNIVERSITÉ DU SAHEL : UN NDOGOU DE FRATERNITÉ POUR CÉLÉBRER LA DIVERSITÉ ÉTUDIANTE

 

À Dakar, la diversité culturelle s’affirme comme une véritable richesse au sein de l’Université du Sahel (UNIS).
L’établissement qui accueille des étudiants venus de plus de vingt pays africains, a récemment été le théâtre d’un moment fort de convivialité et de dialogue à travers l’organisation d’un Ndogou de fraternité, symbole de partage et de cohésion entre les communautés, ce vendredi 13 mars 2026 dans les locaux de ladite université à Dakar.
Dans ce campus cosmopolite, étudiants sénégalais, gabonais, camerounais, tchadiens et originaires de plusieurs autres pays du continent évoluent dans un même espace académique. Pour nombre d’entre eux, poursuivre leurs études à Dakar signifie vivre loin de leurs familles et s’adapter à un nouvel environnement. Consciente de cette réalité, la communauté universitaire multiplie les initiatives visant à favoriser l’intégration, le respect mutuel et l’épanouissement des étudiants.

UNE INITIATIVE PORTÉE PAR LES ÉTUDIANTS

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’événement n’est pas directement organisé par l’administration. Il est avant tout le fruit de l’engagement des étudiants eux-mêmes.
La Secrétaire générale de l’université, Madame Sow Bigué, a tenu à le rappeler lors de son intervention :
《 Ce ne sont pas les autorités de l’université qui ont organisé ce Ndogou. L’initiative vient des étudiants de l’Université du Sahel, notamment de la Présidente Fatou et de l’association des Alumni. L’administration est là pour accompagner et soutenir, mais ce sont les étudiants qui animent leur école 》.
Elle a également souligné que la rencontre ne se limite pas uniquement au cadre du Ramadan.
《 Ce n’est pas seulement un Ndogou du Ramadan. C’est aussi un moment de partage entre le Ramadan et le Carême. C’est donc un Ndogou qui rassemble musulmans et chrétiens 》.
Selon elle, cette initiative s’inscrit parfaitement dans l’esprit du Sénégal, pays reconnu pour sa tradition de dialogue interreligieux.
《 Le dialogue islamo-chrétien n’est pas seulement une question universitaire. C’est une réalité profondément sénégalaise. Il est donc tout à fait naturel que les étudiants aient voulu organiser ce Ndogou du Ramadan et du Carême 》.

L’ESPRIT DE SOLIDARITÉ AU CŒUR DU PROJET

Présidente de l’Alumni de l’université, Fatou Samb a expliqué que cette rencontre vise avant tout à renforcer les liens entre les étudiants venus de différents horizons.
《 L’objectif est de cultiver la solidarité entre les étudiants et d’aller au-delà de nos barrières, qu’il s’agisse de la nationalité, de la culture ou même de la religion. Que nous soyons musulmans ou chrétiens, nous sommes tous Africains 》.
Elle insiste également sur l’importance de faire découvrir aux étudiants étrangers la tradition sénégalaise de coexistence religieuse.
《 Certains étudiants venus d’autres pays comme le Gabon ou le Congo ne connaissent pas forcément cette réalité. Au Sénégal, il n’existe pas cette division entre chrétiens et musulmans. Nous voulions leur montrer que cet esprit de fraternité dépasse même l’université et caractérise tout le pays 》.
La présidente de l’Alumni a aussi tenu à remercier l’administration pour son accompagnement constant. 《 Malgré leurs responsabilités et leurs obligations familiales, les membres de l’administration ont tenu à être présents pour nous soutenir. Ils nous ouvrent leurs bureaux quand nous avons besoin de conseils et nous accompagnent dans toutes nos initiatives 》.

UNE CONFÉRENCE SUR LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN

Avant la rupture du jeûne, les participants ont assisté à une conférence consacrée au dialogue islamo-chrétien, animée par Monsieur Dia.
Le conférencier a rappelé que la coexistence pacifique entre religions constitue l’une des grandes forces du Sénégal.
Selon lui, cette harmonie repose sur plusieurs réalités sociales profondément ancrées dans la société :
les familles mixtes, les cimetières partagés,
le cousinage à plaisanterie, et une identité culturelle commune qui dépasse souvent les appartenances religieuses.
Il a également insisté sur le rôle du cadre institutionnel du pays.
《 La République laïque du Sénégal garantit la liberté religieuse et encourage la coexistence. Mais cette harmonie doit être entretenue par la vigilance, la prévention des conflits et la formation au dialogue interreligieux 》.
Pour lui, cet héritage de tolérance a été transmis par les chefs religieux, les anciens dirigeants et les figures historiques du pays.
《 Les Sénégalais sont un peuple ouvert, tolérant et accueillant. Cet héritage doit être préservé et transmis aux nouvelles générations 》.

UNE UNIVERSITÉ EN PLEINE EXPANSION

Au-delà de cet événement, l’Université du Sahel continue de s’affirmer comme l’un des établissements d’enseignement supérieur dynamiques au Sénégal.
Selon la Secrétaire générale Sow Bigué, l’université accueille actuellement près de 250 étudiants issus de plus de 20 nationalités, témoignant de son attractivité à l’échelle africaine.
L’établissement propose plusieurs filières de formation, notamment :
agroalimentaire, analyse biologique, comptabilité et gestion, architecture, design et génie civil.
L’université a également ouvert récemment un nouvel institut, destiné à renforcer son offre académique et à former une nouvelle génération de professionnels dans des secteurs stratégiques.
Par ailleurs, la vie universitaire est rythmée par de nombreuses activités organisées par les étudiants, telles que les journées portes ouvertes, la journée de la science ou encore la journée d’intégration, qui permet aux nouveaux étudiants de s’approprier la philosophie de l’établissement.

UN NDOGOU PLACÉ SOUS LE SIGNE DU PARTAGE

La rencontre s’est poursuivie par une distribution de Ndogou dans les rues de Mermoz, à Dakar, où les étudiants ont partagé repas et boissons avec les passants, avant de se retrouver sur le campus pour la rupture collective du jeûne.
Au-delà de la dimension religieuse, cette initiative vise surtout à construire un réseau d’amitié et de solidarité entre les étudiants, bien au-delà des frontières universitaires.
Comme le rappelait l’ancien Président du Ghana Kwame Nkrumah :
 » Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, l’une des plus grandes forces de ce monde « .
À travers ce Ndogou de fraternité, l’Université du Sahel illustre ainsi, comment la diversité culturelle et religieuse peut devenir un puissant moteur de cohésion et d’unité africaine.

M.B