Le Regroupement des Taxis Urbains du Sénégal (RTUS) dénonce le refus préfectoral d’autorisation de sa marche et promet de nouvelles actions face aux plateformes numériques de transport.
Le ton monte encore d’un cran entre les taxis traditionnels et les plateformes numériques au Sénégal. Le Regroupement des Taxis Urbains du Sénégal (RTUS), dirigé par Modou Seck, avec Malick Diop (chargé de communication) ,Pape Allé Fall et Baye Assane Kaïré, a fustigé le refus du préfet de Dakar d’autoriser leur marche prévue ce mercredi 15 octobre 2025. Une décision que les responsables du syndicat qualifient d’« arbitraire » et de « musellement ».
UNE MARCHE INTERDITE, LA COLÈRE MONTE
Dans une lettre datée du 9 octobre 2025, le préfet Chérif Mohamed Blondin Ndiaye a refusé la marche que le RTUS comptait organiser entre la Mairie du Grand-Dakar et le rond-point Jet d’Eau, évoquant un risque de perturbation majeure de la circulation.
Mais pour les leaders du regroupement, cet argument ne tient pas.
《 Ce refus est une entrave à notre droit de manifester dans un État démocratique 》, a dénoncé Malick Diop, promettant qu’une nouvelle demande sera déposée dans les prochains jours.
TAXIS CONTRE PLATEFORMES : UN BRAS DE FER QUI S’INTENSIFIE
Le différend entre le RTUS et les plateformes numériques comme Yango, Yassir Express ou Heetch s’enlise depuis plusieurs mois.
Les chauffeurs traditionnels accusent ces services de concurrence déloyale, arguant qu’ils ne respectent pas les mêmes contraintes fiscales, réglementaires et techniques imposées aux taxis sénégalais.
En septembre dernier, un tribunal de Dakar a pourtant donné raison aux plateformes, leur permettant de poursuivre leurs activités. Une décision vécue comme une injustice par le RTUS, qui estime que l’État « protège les intérêts étrangers au détriment des travailleurs locaux ».
《 Nous ne sommes pas contre la modernité, mais il faut des règles identiques pour tous 》, martèle Modou Seck, Président du RTUS.
LE DÉBAT SUR LA RÉGULATION DU TRANSPORT NUMÉRIQUE
Le dossier dépasse désormais le simple cadre corporatiste.
Il soulève une question de fond : comment encadrer le transport numérique au Sénégal sans exclure les acteurs traditionnels ?
Si les plateformes séduisent les usagers par leurs tarifs plus souples, la transparence et la rapidité, les taxis classiques rappellent qu’ils assurent un service public, souvent dans des zones non couvertes par ces applications.
Plusieurs experts plaident aujourd’hui pour un cadre de régulation clair, afin de garantir une concurrence équitable entre tous les acteurs du secteur.
LE RTUS PRÉPARE SA CONTRE-OFFENSIVE
Face à ce qu’il considère comme une injustice institutionnelle, le RTUS n’entend pas baisser les bras. Le regroupement annonce le lancement prochain d’une application locale, baptisée « Taxi Express », visant à digitaliser le service tout en restant conforme aux normes sénégalaises.
Cette initiative ambitionne de moderniser le parc automobile, d’offrir une meilleure visibilité aux chauffeurs et de rétablir la confiance des usagers dans le taxi urbain sénégalais.
UN APPEL AU DIALOGUE … SOUS TENSION
Dans sa sortie médiatique, le RTUS réaffirme son souhait de dialoguer avec les autorités, tout en avertissant que l’absence d’écoute pourrait mener à une mobilisation nationale des chauffeurs.
《 Nous irons jusqu’au bout pour défendre notre dignité et notre gagne-pain 》, a conclu Modou Seck, sous les applaudissements des membres du regroupement.
Entre modernisation du secteur et équité économique, le gouvernement devra trouver la bonne équation pour apaiser un climat social déjà tendu dans le transport urbain sénégalais.

















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