Résilience écologique et climatique: Dakar accueille un colloque international sur les mangroves

 

Du 21 au 23 juillet 2025, la ville de Dakar accueille un important colloque international consacré aux mangroves. Cet événement, à la fois scientifique et communautaire, s’inscrit dans le cadre du projet Natur’ELLES. Il a été organisé par SOCODEVI, en collaboration avec plusieurs partenaires dont l’UICN, Tayo Climate Partners, IISD, NEBEWAY, CASADES, CAREM, REFEPAS et la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées.

Pendant trois jours, chercheurs, représentants gouvernementaux, membres de la société civile, communautés locales et partenaires techniques se sont réunis pour réfléchir ensemble à la préservation, à la restauration et à la valorisation durable des mangroves.

Le colloque s’est distingué par son approche inclusive et interdisciplinaire. Les échanges ont mis en lumière l’importance cruciale des mangroves dans la lutte contre les changements climatiques, la protection des littoraux, la sécurité alimentaire et le développement local, en particulier pour les populations vivant à proximité de ces écosystèmes.

L’événement a été rythmé par des panels de haut niveau, des ateliers pratiques, des expositions interactives et des visites de terrain. Plusieurs thèmes majeurs ont été abordés, notamment les mécanismes de paiement pour services environnementaux comme le carbone bleu, les outils de cartographie participative, les techniques de restauration écologique, ainsi que le rôle des femmes dans la gouvernance des ressources naturelles.

Le Colonel Mamadou Sidibé, Directeur des Aires Marines Communautaires Protégées au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, a rappelé la valeur stratégique des mangroves. Selon lui, ces écosystèmes assurent des fonctions essentielles pour les communautés. Ils protègent les côtes, nourrissent les familles, soutiennent l’économie locale et garantissent des services de santé et d’éducation grâce aux revenus qu’ils génèrent.

Il a également souligné la richesse écologique des deltas sénégalais, comme ceux du Saloum, de la Casamance, du fleuve Sénégal et du fleuve Gambie. Tous abritent des mangroves aux caractéristiques uniques. Face à la pression croissante liée à la déforestation, à l’urbanisation anarchique et aux infrastructures touristiques mal planifiées, une gestion durable est plus que jamais nécessaire. Mamadou Sidibé a insisté sur la nécessité de faire dialoguer les savoirs scientifiques et les connaissances traditionnelles pour mieux protéger ces milieux fragiles.

L’un des temps forts du colloque a été la reconnaissance du rôle fondamental des femmes dans la gestion durable des mangroves. Dans de nombreuses zones, elles sont au cœur des activités de récolte des ressources halieutiques et assurent une grande part de la sécurité alimentaire. Le projet Natur’ELLES cherche justement à renforcer leur implication et leur leadership dans la gouvernance environnementale.

Mamadou Sidibé a salué leur engagement, soulignant que leur participation quasi totale est un puissant levier pour la résilience des communautés. L’État du Sénégal, avec le soutien de ses partenaires, a d’ailleurs lancé une stratégie nationale de conservation des mangroves, plaçant les populations locales au cœur du dispositif, notamment à travers les Aires Marines Protégées Communautaires.

Le colloque a permis de renforcer les liens entre acteurs institutionnels, scientifiques et communautaires. Il a ouvert la voie à de nouvelles synergies régionales et internationales et posé les bases d’une gouvernance environnementale partagée, inclusive et durable.

Au-delà de ses avancées techniques et scientifiques, cette rencontre internationale a offert un espace de dialogue constructif, plaçant les communautés au centre des solutions. La mangrove y a été pensée non seulement comme un patrimoine à préserver, mais aussi comme un socle de souveraineté écologique, économique et culturelle pour les générations à venir.