Renégociation du contrat de dessalement sur la Grande Côte : un nouveau modèle au service des intérêts du Sénégal

Le gouvernement sénégalais a franchi une étape majeure dans la gestion de ses grands projets structurants. Ce mercredi après-midi, une cérémonie solennelle s’est tenue sous la présidence de Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, Président de la République, pour signer la version renégociée du contrat de conception, financement, construction, exploitation et maintenance de la future usine de dessalement d’eau de mer sur la Grande Côte.

Cette signature, véritable symbole de la gouvernance du Jub-Jubal-Jubanti, marque un tournant stratégique dans l’approche sénégalaise des partenariats public-privé (PPP). Elle témoigne de la volonté du Chef de l’État et de son gouvernement de préserver les intérêts fondamentaux du pays, tout en consolidant les liens de coopération avec des partenaires de confiance, en l’occurrence l’Arabie saoudite, à travers la société ACWA POWER.

Des avancées majeures obtenues dans l’intérêt national

Fruit d’un travail technique rigoureux, mené sous la coordination du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, en collaboration avec la Présidence, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, et le Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, la nouvelle version du contrat introduit des gains significatifs sur plusieurs plans :

  • Allégement de l’effort budgétaire de l’État : la contribution publique passe à 17,5 milliards FCFA pour la période 2027-2029, puis à 35 milliards FCFA/an à partir de 2030, contre respectivement 20 milliards et 40 milliards FCFA dans l’ancien schéma.
  • Baisse du prix de l’eau dessalée : fixé désormais à 389,8 FCFA/m³, contre 427 FCFA/m³ auparavant, avec un impact attendu sur la facture finale du consommateur.
  • Doublement de la capacité des centrales solaires : elles passeront de 150 MWc à 300 MWc, avec une revente de l’excédent à 18 FCFA/kWh à la SENELEC, ce qui permettra de compenser une partie des coûts de dessalement.
  • Participation renforcée de l’État dans la gouvernance des infrastructures :
    • SONES devient actionnaire de la SPV-EAU, la société de gestion de l’usine de dessalement.
    • SENELEC participera également à la SPV-ENERGIE, en charge des deux centrales photovoltaïques.
  • Perspective régionale et transfert de compétences : le partenaire saoudien est appelé à créer un institut de formation aux métiers du dessalement, une première dans la sous-région ouest-africaine.

Une infrastructure stratégique pour la sécurité hydrique nationale

L’usine produira à terme 400 000 m³ d’eau dessalée par jour, déployés en deux phases de 200 000 m³/jour chacune, au profit de plus de 5 millions de personnes dans les régions de Dakar, Mbour et Thiès. Ce sera la plus grande infrastructure hydraulique du Sénégal jamais réalisée en mode PPP.

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui a signé l’accord de soutien et le contrat, a salué une victoire collective, rendue possible par les orientations claires du Président de la République et de son Premier ministre. « Ce contrat est un modèle de renégociation réussie, dans le respect des engagements pris devant les Sénégalais », a-t-il déclaré.

Un précédent pour l’avenir

Ce contrat renégocié ouvre la voie à de nouvelles pratiques de gouvernance contractuelle, basées sur la transparence, la soutenabilité budgétaire et l’intérêt général. Il conforte également la place du Sénégal comme acteur régional de référence dans le secteur de l’hydraulique et de l’énergie renouvelable.

Alors qu’un autre défi commence avec la phase de réalisation de l’usine, les autorités affichent leur ambition : faire de ce projet une vitrine de coopération Sud-Sud réussie, mais surtout un levier de développement durable et d’accès universel à l’eau potable.

Alhamdoulilah, conclut le ministre dans une note d’optimisme et de reconnaissance.