Réforme de la décentralisation : L’État accélère la mise en œuvre des pôles territoires

Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a présidé un atelier technique consacré à la finalisation des projets de réforme de la décentralisation et des pôles territoires. Face à la presse, il a réaffirmé la volonté de l’État d’engager une transformation structurelle du développement territorial au Sénégal, conformément aux orientations du Président de la République et du Premier ministre.

Dans son allocution, le ministre a salué la mobilisation de l’ensemble des acteurs étatiques et des ministères sectoriels ayant pris part aux travaux. Il a expliqué que ces séances de travail, étalées sur plusieurs jours, visent à revisiter les conclusions des consultations nationales menées sur les pôles territoires, notamment en ce qui concerne leur organisation, leur fonctionnement, leur modèle de financement et leur stratégie de mise en œuvre. Selon lui, l’État a fait le choix de se préparer collectivement à la phase d’implémentation des pôles territoires, dans une dynamique pilotée par le Premier ministre.

Moussa Bala Fofana a rappelé que le Président de la République a donné, lors d’un récent Conseil des ministres, des directives claires pour engager le pays, dans les trimestres à venir, dans une opération d’égalisation publique, étape clé de la réforme territoriale. L’atelier s’inscrit ainsi dans la préparation de cette phase opérationnelle, avec la mise en place d’un comité interministériel chargé de piloter le processus et de renforcer les instruments d’accompagnement de la croissance économique.

Le ministre a souligné que l’ambition du gouvernement est de faire en sorte que la croissance économique du Sénégal ne repose plus uniquement sur l’action de l’État central, mais qu’elle soit également portée par les huit pôles territoires, appelés à devenir de véritables leviers de création de richesses, d’emplois et de bien-être pour les populations. Chaque pôle devra ainsi capitaliser sur ses dynamiques propres – agriculture, élevage, pêche, tourisme ou autres secteurs porteurs – afin de définir une stratégie de développement territorial cohérente avec la Stratégie nationale de développement.

Selon Moussa Bala Fofana, territorialiser la stratégie nationale de développement revient à permettre à chaque Sénégalais de se l’approprier et d’en ressentir les effets concrets sur son cadre de vie et ses opportunités économiques. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la viabilité des communes, estimant qu’une municipalité n’a de sens que si elle est capable de fournir des services publics de qualité et de matérialiser la présence effective de l’État auprès des citoyens.

La réforme pose ainsi la question de la taille des communes, de leur démographie, de leurs ressources, de leurs marchés et de leurs équipements, afin de leur permettre, au-delà des concours budgétaires de l’État, de mobiliser des ressources propres suffisantes pour financer leur développement. Le ministre a souligné qu’il doit exister une cohérence entre la viabilité des pôles territoires et celle des communes qui les composent, condition essentielle pour créer des collectivités capables d’impacter durablement la vie des populations.

En conclusion, Moussa Bala Fofana a réaffirmé que l’ensemble des réformes engagées s’inscrit pleinement dans l’Agenda national de transformation, une vision de long terme déclinée à travers un masterplan de dix ans et une stratégie quinquennale. L’objectif final demeure l’amélioration des indicateurs d’impact économique et social, afin que les politiques publiques mises en œuvre, aussi bien au niveau communal que territorial, produisent des résultats tangibles et mesurables pour les populations sénégalaises.