La célébration de la Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves a été l’occasion pour le Sénégal d’affirmer son engagement en faveur de la protection de cet écosystème vital. C’est dans l’aire marine protégée (AMP) de Somone que les autorités environnementales, sous la coordination de la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées (DAMCP) et du ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, ont organisé un atelier stratégique articulé autour de deux axes majeurs : la vulgarisation de la Stratégie Nationale de Gestion des Mangroves (SNGM) et le lancement de la Communauté de Pratiques COPINA.
Cet événement s’est inscrit dans le cadre du projet AMP Mangroves, soutenu par l’Agence française de développement, en partenariat avec l’ONG Enda ECOPOP. Il visait à démocratiser l’accès aux connaissances et à promouvoir une approche collaborative de gestion des ressources naturelles. La SNGM, adoptée en janvier 2023, constitue un document de référence en matière de préservation, restauration et valorisation durable des mangroves sénégalaises, souvent sous pression face aux activités humaines croissantes.
Le lancement de COPINA, acronyme de Communauté de Pratiques sur les innovations et solutions vertes et bleues en Afrique, marque une étape importante. Cette plateforme panafricaine se veut un carrefour d’échanges et de co-création entre chercheurs, acteurs communautaires, société civile et secteur privé. Selon le lieutenant-colonel Momar Sow, directeur de la DAMCP, l’enjeu est de sortir du cercle restreint des experts pour permettre une appropriation large de la stratégie. Il souligne également l’importance de relier les efforts nationaux aux dynamiques internationales, notamment en prévision du congrès mondial des aires marines protégées IMPAC6, prévu à Dakar en mars 2027.
Portée par Enda ECOPOP dans le cadre du projet ACCESS, COPINA s’articulera autour d’une phase pilote courant jusqu’en 2025, avant une phase d’extension jusqu’en 2028. Djibril Mangane, chargé de programme au sein de l’ONG, insiste sur la vocation de la plateforme à servir de catalyseur de connaissances partagées, mais aussi de lieu de renforcement des capacités et de développement de solutions écologiquement viables.
L’atelier a également pris une dimension pratique. Une sortie sur le terrain a permis aux participants de découvrir la richesse écologique des mangroves de la Somone et de participer à une opération de reboisement impliquant plus de 4 500 plants. Ce geste symbolique mais significatif rappelle que la préservation des mangroves ne peut se limiter aux discours ; elle exige des actions concrètes, régulières et coordonnées.
Sur le plan environnemental, la restauration des mangroves constitue un levier crucial dans la lutte contre les changements climatiques. Ces écosystèmes agissent comme des puits de carbone, protègent les littoraux de l’érosion, favorisent la biodiversité et soutiennent les moyens de subsistance de nombreuses communautés. Le Sénégal, fort de trois décennies d’efforts en matière de reboisement, a su démontrer une certaine exemplarité. Toutefois, comme le souligne Momar Sow, des défis majeurs subsistent. Le financement durable des actions, l’intégration effective des communautés locales et la gestion des menaces liées aux industries extractives figurent parmi les priorités à traiter.
L’initiative COPINA, en promouvant l’intelligence collective et les approches intégrées, ouvre une nouvelle voie vers une gestion adaptative et résiliente des écosystèmes côtiers. À l’heure où les crises écologiques se multiplient, cette démarche collaborative et proactive apparaît comme un modèle à suivre pour d’autres pays du continent africain.


















Leave a Reply