Dans un contexte où les grandes puissances écrasent les micro-états, les États africains, parmi les plus vulnérables, doivent faire face à leur faible économie et leur capacité limitée à peser sur le plan mondial. Le morcellement des institutions devrait être la dernière chose à envisager si l’on se soucie vraiment du sort des populations. La récente décision de la République du Mali, du Burkina Faso et du Togo de quitter la CEDEAO soulève des questions cruciales sur les dirigeants de ces pays. Il est essentiel que les populations soient sensibilisées aux enjeux afin qu’elles puissent agir. Les récentes décisions du Président des États-Unis, Donald Trump, concernant la politique extérieure illustrent que la division n’est pas la solution pour des pays comme les nôtres.
Fondée en 1975 par le président nigérien Seyni Kountché et son homologue malien Moussa Traoré, la CEDEAO visait à promouvoir l’intégration économique et la libre circulation des biens et des personnes au sein d’un espace commun. Aujourd’hui, avec cette scission, l’organisation, qui garantit à ses membres des voyages sans visa, des avantages douaniers et un accès à un marché de 702 milliards de dollars pour 400 millions d’habitants, fait face à un bouleversement majeur. Cette décision aura des conséquences multiples sur la libre circulation, les échanges économiques et la stabilité des institutions régionales.
De plus, l’AES a annoncé l’émission de son propre passeport, destiné à remplacer progressivement le passeport CEDEAO. Les citoyens devront s’adapter à cette nouvelle réalité, ce qui soulève des interrogations sur l’avenir des relations régionales et sur la capacité des États à collaborer malgré les défis actuels. La nécessité d’un dialogue constructif et d’une sensibilisation accrue des populations est plus que jamais d’actualité pour naviguer dans ces temps incertains.
Par ailleurs, plusieurs programmes de développement financés par la CEDEAO dans les trois pays concernés devront être réévalués. Ces projets, qui incluent des initiatives d’infrastructures, d’adduction d’eau et d’aide aux communautés locales, dépendent désormais des négociations entre les deux parties. L’incertitude entourant ces programmes pourrait avoir des répercussions sur le bien-être des populations locales.
Soucieux du bien-être des citoyens, la CEDEAO ne ferme cependant pas totalement la porte aux États démissionnaires. En leur accordant un délai de six mois pour revenir sur leur décision, l’organisation cherche à maintenir un canal de dialogue ouvert. Il est essentiel de rappeler que la CEDEAO est une institution pionnière, dirigée par des leaders qui privilégient les intérêts des populations. Ainsi, il est crucial que les peuples africains, notamment ceux de l’espace CEDEAO et ceux de l’AES, unissent leurs forces pour proposer des idées et des visions visant à améliorer cette institution. Cette coopération est la clé pour éviter que la division ne nous rende plus vulnérables.

















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