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MOCTAR BA SUR LA RAISON DE SA CANDIDATURE A LA MAIRIE DE FIMELA: «Notre commune manque de tout alors qu’elle a tout à offrir… »

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Architecte de profession, Moctar Ba est convaincu que la commune de Fimela, compte tenu de ses potentialités, doit être confiée à des gens qui sont capables de la développer. Raison pour laquelle ce Secrétaire général du Mouvement Citoyen COMEVA( Collectif en Mouvement pour l’Equité, les Valeurs et l’Action) dont Pr Awa Marie Coll Seck est la Présidente, s’est engagé dans la course aux suffrages des populations pour les joutes électorales du 23 janvier prochain. Avec un programme bien ficelé et des objectifs bien déterminés, monsieur Ba qui est un pur élément du mouvement associatif œuvre sur le terrain communautaire depuis 2012. Dans cet entretien avec L’ÉVIDENCE, le candidat à la mairie de FIMELA dévoile la situation de sa commune, le bilan de l’équipe municipale qui est là depuis 12 ans, son programme et ses ambitions.

12 dossiers de candidatures sont validés à Fimela. Pourquoi autant de candidats pour une commune qui n’est pas aussi peuplée ?

Effectivement 12 candidatures ont été validées à Fimela, ce qui est énorme en termes de ratio pour une commune qui compte à peu près 17 000 habitants. Mais cela prouve que les gens se sont rebellés contre le maire sortant et son bilan désastreux. Fimela est une commune qui a énormément à offrir avec un potentiel qui n’a pas été exploité. Voilà ce qui a certainement frustré les gens.

 

Donc selon vous le maire sortant n’a pas de bilan ?

En fait, il faut savoir que le maire est sur place depuis 2009. C’est douze voire treize ans. Aujourd’hui la commune a énormément de potentiels en termes de ressources naturelles et en termes de ressources humaines aussi. Mais par rapport au bilan du maire, rien n’a été fait pratiquement. On peut faire le simple constat que Fimela n’a pas de Banque par exemple. Les populations se déplacent jusqu’à Mbour pour retirer de l’argent. Pour les besoins primaires, n’en parlons même pas. Dans certaines zones il n’y a pas d’éclairage public, pas d’eau, pas d’électricité. Donc vous comprendrez aisément ce besoin de changement des populations qui souffrent dans une commune qui n’est pas pauvre en termes de ressources.

 

 

Est-ce que Fimela manque de tout… ?

Non seulement c’est une commune qui manque de tout mais c’est une commune qui a tout à offrir. C’est pourquoi il faut du sang neuf pour faire évoluer les choses.

 

Pouvez-vous nous parler des richesses de la commune dont vous faites référence ?

Fimela se trouve juste en face des îles du Saloum au niveau du Sine. Nous avons de l’eau, des terres, du soleil toute l’année. A cela s’ajoutent des ressources humaines. Le problème se trouve dans la capacité d’aller chercher les ressources additionnelles. Il faut comprendre qu’au niveau des mairies, le budget alloué ne peut servir que le fonctionnement, ce budget ne peut permettre à la commune de se développer. Il n’y pas de fonds qu’on peut injecter dans la commune pour que ça puisse produire des richesses. Il faut donc des ressources additionnelles. Mais quand on n’a pas la vision ni le carnet d’adresses qu’il faut, on risque de ne rien faire.

 

Alors qu’est-ce que vous proposez en tant que candidat ?

Après avoir fait un diagnostic des 16 villages qui se trouvent au niveau de la commune, nous avons considéré, mon équipe et moi, que la priorité des priorités est la santé. Les populations vivent dans des conditions précaires où il n’existe pratiquement pas de plateau médical. Parfois il n’y a pas de médicament, les lits manquent… La dernière fois on a été à Ndiediene, les femmes nous expliquaient que leur poste de santé est fermé pour manque de personnel. Les femmes sont obligées d’accoucher à la maison ou en chemin pour se rendre dans une autre localité. Au-delà de la santé, il y a trois autres points car notre programme est axé sur quatre piliers essentiels. Mais le premier est la santé et le cadre de vie.

 

Et quels sont les autres piliers?

Le deuxième c’est tout ce qui est secteur économique notamment le secteur primaire. La commune donne la possibilité de pratiquer l’élevage, l’agriculture et la pêche. Ce sont des secteurs que nous comptons développer. Nous voulons mettre en place un processus qui va aller du début jusqu’à la fin. C’est là où se situent souvent les problèmes car on peut avoir la matière première mais on ne l’exploite pas jusqu’au bout. Nous voulons accompagner les populations jusqu’à la transformation des produits. C’est tout un processus. Ce n’est pas juste de petits financements ou bien des poses de première pierre ou d’inauguration mais l’aboutissement d’un processus.

Il y a le genre féminin qu’on dédié tout un pilier. Il s’agit de prendre en charge les enfants de sexe féminin, leur scolarité, les adolescentes pour leur faire comprendre les enjeux de la société et les femmes en âge de travailler…Nous comptons les accompagner pour leur autonomisation . On ne parle même plus de financement parce que le financement est ponctuel s’il est mis dans un contexte qui ne permet pas de se développer. Mais on veut un accompagnement pérenne pour que les femmes soient autonomes. Pour les femmes du troisième âge qui ont besoin de soins médicaux particuliers, on va trouver des mécanismes pour des prises en charge à domicile.

Le dernier pilier concerne l’éducation en général (scolaire,religieuse,formation, sport…). C’est aussi un pilier dédié à la jeunesse sous l’angle de l’éducation et dans ce pilier on intègre tout ce qui est infrastructure également. On veut des infrastructures modernes et adaptées à Fimela. Nous avons un plan de Stade municipal qu’on a déjà proposé aux populations de Fimela qui se sont réjouies de ce projet avec des infrastructures sportives comme des terrains de football synthétiques avec une tribune, des arènes de lutte parce qu’il ne faut pas oublier qu’on est terroir Sérére et que la lutte fait partie de nos coutumes. Il y a aussi un terrain de basket, de tennis et de handball. Nous voulons que la jeunesse de Fimela voit quelques choses de différents avec nous.

 

 

Vous n’avez pas parlé de tourisme alors que Fimela est une zone touristique. Pourquoi ?

Tout simplement parce que je considère que le tourisme doit être un plus. La vision est d’abord mettre les populations dans des conditions idoines, favorables à leur propre développement avant de faire venir la localité à quelqu’un d’autre. Donc le volet du tourisme va venir après les quatre volets que j’ai tantôt évoqué et qui vont être la base de tout ce qui va se faire après. Comme la restauration et l’hôtellerie, le tourisme fait partie d’un domaine d’activités qui peut permettre le développement économique mais il ne se fera pas en priorité par rapport aux besoins des populations.

Vous avez un programme ambitieux. Est-ce que les populations se l’approprient ?

 

Tout à fait. En fait, un programme qui est fait sans prendre en compte les aspirations des populations est un mauvais programme. Depuis des mois nous avons fait des concertations avec des populations ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce programme a évolué sur la base des retours et des offres que nous avons eu venant des populations.

 

Cette pléthore de candidatures n’est-elle pas avantageuse pour le maire sortant ?

 

Je pense que plus il y a d’offres pour les populations, mieux ce sera pour elles parce que ça les permettra effectivement de voir ce que chacun propose. Maintenant, c’est vrai que le vote sera éclaté parce que tout simplement il y a beaucoup de candidats et chacun à ses propres sympathisants. Mais, la majorité pourra faire preuve de discernement et voter pour le programme qui peut faire avancer la localité car, au-delà des aspects émotionnels qu’on peut avoir pour tel ou tel candidat, ce qu’il faut savoir est que c’est un engagement pour cinq ans. Donc il ne s’agit de donner sa carte à la personne qui peut faire avancer la commune.

 

A quelques jours de l’ouverture de la campagne électorale, quel message à lancer à la jeunesse et aux acteurs politiques par rapport aux violences qu’on note souvent ?

 

Les élections c’est le prétexte pour le renouvellement. Donc ça ne doit pas être un prétexte pour la violence. Au contraire, on fait des élections pour que les populations puissent s’exprimer à nouveau après avoir confié leur destin à une équipe ou un individu pendant une durée déterminée. Donc l’échéance électorale est censée être pour un nouveau souffle ou une continuité si les populations trouvent une certaine satisfaction dans ce qui a été fait. En aucun cas il y a de la place pour la violence. Ce qui va élire un nouveau maire ou maintenir le sortant, c’est le vote et non la violence. Nous invitons les populations à être très lucides et à bannir la violence.

Quelque chose à ajouter ?

 

Je remercie les populations de Fimela, les hommes et les femmes avec qui j’ai travaillé des mois, voire des années. Je leur donne rendez-vous le 23 janvier et leur dit que l’heure est à la mobilisation parce que nous avons plusieurs défis à relever. Il y a le défi de la participation et de tout ce dont on a parlé depuis plusieurs mois en termes de changement, de nouvelle ère parce que nous comptons quand même passer à quelque chose de nouveau et plus adapté aux besoins des populations. Et c’est le jour du vote qu’on peut faire la différence, c’est-à-dire le 23 janvier prochain.

Par Sadio FATY

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