LOCALES 2022, GRAND DAKAR, VILLE DE DAKAR, LUTTE CONTRE LE PALUDISME: Les révélations de Dr Doudou Séne

Le coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme Dr Doudou Séne par ailleurs tête de liste proportionnelle de la coalition Benno Bokk Yaakkar Grand Dakar était l’invité de l’émission Janobi à la radio Sud FM. Militant de première heure de l’Alliance Pour la République Apr, Dr Séne est un médecin chevronné qui a eu à servir dans le Sénégal des profondeurs. Dans ce jeu d’échanges avec El Hadj Maodo Faye, il a passé au peigne fin la situation politique à Grand Dakar, le retour du poste de Premier Ministre ainsi que la lutte contre le Paludisme au Sénégal. L’Evidence vous propose quelques extraits.

Engagement politique

Je suis né et j’ai grandi à Grand Dakar. J’y ai fait mon cursus scolaire. Après mon doctorat à l’Université Cheikh Anta Diop, je fis mon entrée dans l’Administration et j’ai été affecté à Kedougou où j’ai fait 11 ans comme médecin chef de district puis médecin chef de région. Ensuite, j’ai été nommé chef de service national de l’information sanitaire. J’ai fait ensuite deux ans à Matam puis Kaolack et enfin j’ai atterri au PNLP.
Je me suis engagé en politique parce que je reste convaincu que, pour développer un pays, il faut l’apport de tous ses fils, tous ceux qui peuvent faire bouger les choses de manière positive. Donc la politique est pour moi une autre manière de contribuer à l’amélioration de la vie de notre nation. J’ai connu le Président Sall en 2008 à Kedougou. J’ai été séduit par sa vision et je me suis engagé à le soutenir et faire de Grand Dakar ma base.

 

Locales 2022 à Grand Dakar, le bilan du maire et vous…

A Grand Dakar, le Président a choisi le maire sortant Jean Baptiste Diouf pour diriger la liste de Bby au détriment du ministre de la femme Ndeye Saly. Il y a eu des frustrations parce qu’elle avait des ambitions pour être maire, tout comme moi d’ailleurs. Cependant, en tant militants disciplinés, nous nous sommes rangés derrière Jean Baptiste Diouf et travaillons ensemble pour la victoire de Bby.
Nous sommes conscients que ça ne sera pas une tâche facile, mais nous avons des arguments. Nous allons battre campagne, expliquer aux populations pourquoi elles doivent voter pour la liste de Bby aussi bien au niveau de la commune qu’au niveau de la ville de Dakar. Parce que là aussi nous avons la chance d’avoir un candidat sérieux, compétent, qui a de l’expérience dans la gestion administrative et qui a eu à faire ses preuves partout où il est passé. Abdoulaye Diouf Sarr est l’homme qu’il faut pour la ville de Dakar.

Bilan du maire…

Les communes n’ont pas toutes les mêmes besoins. Le maire Jean Baptiste a compris cela. Il connaît les besoins des Grand Dakarois c’est pour cela qu’il a beaucoup investi durant ces deux mandats dans le social et les ressources humaines.
Sur ce plan d’ailleurs, il est en train de faire un excellent travail en octroyant des bourses à plus de 400 étudiants. Cette politique est tout à fait en phase avec l’axe 2 du PSE qui vise le capital humain, c’est-à-dire faire en sorte que les gens puissent se développer individuellement, ainsi, nous aurons un développement collectif. Grand Dakar est un quartier particulier, beaucoup de parents n’ont pas les moyens d’assurer les frais de scolarité de leurs enfants, beaucoup abandonnent leurs études faute de moyens. Jean a compris cela.
Sur le plan social, il assiste beaucoup de familles diminues, il a construit une chambre froide avec des panneaux solaires pour permettre aux femmes de conserver les poissons et légumes.
Il a élargi le centre de santé avec d’autres services comme la cardiologie, le service dentaire, les subventions littéralement augmenter, les charges du personnel de la santé… Bref, il a fait beaucoup d’efforts. Et nous considérons notre soutien à sa réélection comme une transition très bien faite entre une génération ancienne et très expérimentée et une nouvelle génération qui va apporter du sang neuf, tout ça au bénéfice des populations.

 

Charte de la non violence

Je n’ai pas lu la charte de la non violence que la société civile propose. Mais je magnifie l’initiative. Cependant, je reste convaincu que les acteurs politiques doivent adopter une attitude responsable. Il faut savoir raison garder. Nous sommes tous des Sénégalais et nous devons bannir la violence physique et verbale, prôner la politique des idées, convaincre par des arguments solides et non par la violence.

Retour du PM

Je ne peux que me réjouir de cette annonce. Parce qu’il faut reconnaître que seul celui qui dirige est capable de savoir ce qu’il lui faut pour travailler convenablement. Et quand on dirige, on doit contextualiser nos décisions avec les besoins du moment. Si le Président Macky Sall décide de rétablir le poste de premier Ministre, après avoir évalué ce qui a été fait depuis sa suppression, c’est parce qu’il s’est rendu compte que ce poste doit revenir et son importance.

 

Lutte contre le Paludisme

Depuis 2017, je suis à la tête du programme national de lutte contre le paludisme. Cette maladie, le Paludisme, a beaucoup reculer au Sénégal conformément au plan stratégique national 2016-2020 dans lequel nous avons exposé notre ambition. Grâce à dieu, nous sommes arrivés à un taux d’élimination d’au moins 90% durant les cinq dernières années.

L’État du Sénégal et ses partenaires comme USAID, fond mondial, la Banque islamique de développement injectent beaucoup d’argents dans cette lutte.
Aujourd’hui, la bataille est concentrée dans trois zones que Kedougou, Tamba et Kolda qui concentrent les 81% des malades. Aussi, 51% des personnes décédées se trouvent dans ces zones parce que ce sont des zones où il pleut beaucoup, où les eaux stagnantes sont abondantes mais aussi les populations cultivent souvent dans les cours. A cela, s’ajoute les bassins et les rizières.

Chaque année, nous distribuons une quantité importante de moustiquaires. En 2019, nous avons distribué plus de 9 millions de moustiquaires.
Malheureusement, les gens les utilisent souvent à d’autres fins que de se protéger contre les moustiques. D’ailleurs, je profite de cette tribune, encore une fois, pour rappeler que le moustiquaire est la meilleure protection contre le paludisme. Donc je les invite à ne pas négliger les moustiquaires.

Dakar, un cas particulier

Dakar est un cas particulier. En effet, le paludisme avait presque disparu à Dakar, mais depuis un certain temps, cette région fait partie des quatre régions où le taux de mortalité est assez élevé. La raison est que les gens restent des années sans tombés malade, ce qui diminue leur immunité face au Palu…

 

 

Le Sénégal dans la sous région

Au niveau de la sous région, le Sénégal fait partie des rares pays qui ont fait une avancée majeure dans la lutte contre le Paludisme. A part le Cap Vert qui est presque à l’élimination compte tenu sa position géographique favorable, puisque c’est une presqu’Île, le Sénégal s’est positionné parmi les pays qui gèrent mieux le palu et qui veulent l’éliminer d’ici 2030. Cependant, cela ne serait possible que si nos voisins font des efforts. Par exemple le Mali fait 15 millions de cas de Palu par an, le Burkina et la Guinée presque 11 millions alors que nous sommes à 400 milles. Donc le Sénégal a fait des avancées majeures grâce aux universitaires, à l’État, aux partenaires ainsi que le personnel sanitaire qui est très bien formé. Mais pour une élimination totale, nous devons travailler avec nos voisins…