Le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées (DAMCP), a tenu ce jeudi à Dakar un atelier national consacré à la validation de la Stratégie nationale des Aires Marines Protégées (SNAMP) pour la période 2026-2030. Cette rencontre a réuni les principaux acteurs du secteur maritime et environnemental afin de définir les nouvelles orientations en matière de gestion durable des espaces marins du Sénégal.
Des représentants des administrations publiques, des collectivités territoriales, des organisations de pêche, du monde de la recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers ont participé à cette concertation stratégique destinée à renforcer la gouvernance des écosystèmes marins protégés.
Doté d’un littoral de près de 718 kilomètres et d’une Zone Économique Exclusive située au sein du Grand Écosystème Marin du Courant des Canaries, le Sénégal bénéficie d’importantes ressources marines. Ce potentiel joue un rôle essentiel dans l’économie nationale, notamment à travers la pêche, secteur clé pour l’emploi et la sécurité alimentaire.
Cependant, les autorités alertent sur les nombreuses pressions qui menacent aujourd’hui ces écosystèmes : surexploitation des ressources halieutiques, dégradation des habitats côtiers, pollution marine, érosion du littoral, changement climatique ou encore développement des activités offshore.
Face à cette situation, la nouvelle SNAMP 2026-2030 ambitionne de consolider le réseau national des Aires Marines Protégées (AMP), d’améliorer leur gouvernance et de renforcer les mécanismes de financement durable. L’objectif est également d’accroître l’efficacité de la gestion des espaces marins afin d’assurer une meilleure préservation des ressources naturelles.
Le directeur de la DAMCP, le colonel Momar Sow, a souligné l’urgence d’agir pour enrayer la dégradation progressive des milieux marins. Il a rappelé que les AMP doivent être considérées comme des outils de développement durable conciliant protection de la biodiversité, sécurité alimentaire, résilience climatique et promotion d’une économie bleue inclusive.
Il a aussi salué l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, notamment OCEAN 5 et le PRCM, ainsi que la contribution de l’ensemble des acteurs impliqués dans l’élaboration de cette stratégie nationale.
Cette feuille de route s’inscrit dans les engagements internationaux du Sénégal, notamment le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et l’Objectif de Développement Durable 14 des Nations unies consacré à la protection des océans. À travers cette stratégie, les autorités entendent renforcer la couverture des espaces marins protégés d’ici 2030 et consolider les dispositifs de gestion participative.
Représentant le ministère de la Pêche, Mamadou Thiam a insisté sur la nécessité d’allier préservation des ressources et exploitation durable des richesses maritimes. Selon lui, les Aires Marines Protégées constituent un levier stratégique pour le renouvellement des ressources halieutiques, la résilience des communautés côtières et le développement d’une économie maritime durable.
Au-delà de la validation technique du document, l’atelier avait également pour objectif de favoriser l’appropriation nationale de la stratégie et de recueillir les dernières recommandations avant son adoption officielle. Les discussions ont principalement porté sur les orientations prioritaires, les mécanismes de mise en œuvre et le cadre opérationnel de la SNAMP pour les cinq prochaines années.

















Leave a Reply