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Dans la marche de la nation, toute neutralité est une imposture ( Par Mamadou Ibrahima Balde)

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Message aux neutre

On n’est jamais neutre. Et même par le silence , on cautionne d’une certaine manière le règne de la tyrannie. C’est une hypocrisie que de vouloir mettre dans le même panier pouvoir et opposition ( en utilisant la terminologie de « classe politique « ). Tout le monde sait où se trouve le problème de ce pays: c’est celui qui a la police, la gendarmerie, la justice, l’argent et la clique de personnes vénales. Il y a moins d’une année, les intellectuels, les journalistes, les droits de l’hommistes vouaient aux gémonies le tyran Alpha Condé qui confinait ses opposants à leurs domiciles. On s’apitoyait sur le sort de jeunes Guinéens qui, marchant pour la démocratie, chantant le chant de la liberté, tombaient sous les balles du despote. Il y a juste un an. Et c’était chez nos frères d’à côté.
Aujourd’hui, notre presse pavoise, notre musicien émérite trépigne de bonheur en chantant la gloire du prince, les affidés du pouvoir tressent des lauriers à des forces de l’ordre sous les balles desquelles sont tombées des enfants. C’est la sarabande des vautours : danse macabre au-dessus de cadavres juvéniles sous le rire guttural des parvenus et des « opposants  » qui se délectent du fait qu’il n’y a pas eu match! C’est la défaite de la pensée. Et c’est ça le Sénégal d’aujourd’hui. Le Sénégal de Senghor, de Cheikh Anta Diop, le Sénégal de Bachir Diagne, de Mamoussé…! C’est surtout ça le vrai bilan de Macky Sall. Il pourra construire des gratte-ciel, des Brt, des autoponts, des TER, il pourra même octroyer des salaires à des chômeurs, mais l’histoire retiendra qu’il il a plongé la démocratie sénégalaise à un extrême etiage ! C’est ce plongeon abyssal, cette dégringolade vertigineuse qui constitue son bilan immatériel. Et il est sans commune mesure avec ceux de ses prédécesseurs. On attendait de lui non pas qu’il developpât le Sénégal en dix ans, mais qu’il depassât ses prédécesseurs sur la question de la démocratie et des libertés. Hélas ! En 2022, le Sénégal, jadis, vitrine de la démocratie en Afrique, retient son souffle pour savoir non pas qui va gagner une élection, mais qui est « autorisé  » à y participer. On se croirait aux lendemains des conférences nationales où Eyadema et Lassana Konté fabriquaient des lois dominicales pour exclure des opposants. (une loi du Togo stipulait-sans rire- que pour être candidat à la présidentielle, il fallait avoir séjourné au Togo au moins six mois de suite sans discontinuer avant l’élection. On se rappelle que, dans la majorité actuelle, des voix autorisées avaient préconisé sans sourciller d’exclure de la course à la présidentielle toute personne radiée de la fonction publique. On sait à qui était destinée cette loi scélérate. Quel chemin ! Même la Gambie a organisé en moins de 5 mois deux élections sans tambours ni trompettes. Qui se rappelle la dernière élection au Ghana ? Qui se souvient d’une crise pré ou post.électorale au Cap Vert ? Pendant ce temps, pour une simple participation à des élections, on compte déjà des morts. Pendant ce temps, les Présidents du Nigeria et du Kenya s’apprêtent à passer la main. Des pays qui ont connu tard, après le Sénégal, la démocratie.

Mamadou Ibrahima Baldé professeur de philosophie au lycée Samsidine Aidara de Vélingara

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