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COUR DES COMPTES: Y a-t-il eu un poids deux mesures ?

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Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion du fonds destiné à la riposte contre le Covid-19 est loin de faire l’unanimité. A lire les passages consacrés à la société Dakar Dem Dik, on a l’impression que les contrôleurs qui ont réclamé au Magistrat Omar Boun Khatab Sylla des pièces justificatives dans le rapport provisoire ont omis de publier ces mêmes documents justificatifs dans le rapport final. Ce qui donne à croire que le traitement entre entités contrôlées est loin d’être équitable.

« Un rapport, 1000 questions » avions titré en Une le mercredi dernier. Les interrogations persistent. Car, le rapport de la Cour des comptes est loin de faire l’unanimité. Dans cette édition du mercredi dernier, nous avions mis le doigt sur une sorte de précipitation à publier les conclusions des contrôleurs. Au regard du traitement fait à la gestion de Dakar Dem Dikk, on peut être amené à se demander s’il y a deux poids deux mesures dans le rapport de la Cour parce que le DG Omar Boun Khatab Sylla est Magistrat comme eux.

En parcourant, d’une part les pages 153 et 154, d’autre part les pages 160 et 161, on se rend d’une « omission » sujette à caution. A la page 161 du rapport dit provisoire, on lit à l’observation numéro 86 : La Cour demande à Monsieur Omar Boun Khatab Sylla, Directeur Général de Dakar-Dem Dik, de prendre les dispositions nécessaires pour la production à la Cour des pièces justificatives des dépenses exécutées sur les fonds reçus de l’Etat, soit 3 milliards 510 millions de FCFA, au titre de l’appui Covid-2019 ». Or, dans le rapport définitif, il nulle part où on retrouve les pièces justificatives réclamées.

Que s’est-il passé entre-temps ? Difficile de répondre à la question. Mais, il reste que pour les autres entités ayant été visitées par les contrôleurs, les pièces justificatives apparaissent clairement dans le rapport définitif. Omission délibérée ou volontaire ? L’interrogation est légitime, d’autant que Dakar Dem Dik est sorti, bizarrement, indemne de cette fouille. Pourtant, son DG a été au centre d’une vaste polémique juste après son limogeage. Sa probité dans la gestion des fonds destinés à la riposte contre le Covid-19 n’est pas en cause, mais avouons que c’est curieux de lui réclamer des pièces justificatives et de ne pas retrouver les documents réclamés dans le rapport définitif. Le procédé donne à réfléchir d’autant plus suspect que le DG de Dakar Dem Dik, homme politique à Louga comme le ministre Moustapha Diop. Cherche-t-on blanchir Paul et à accabler Jean ? Nombreux sont, à Louga, qui répondraient par l’affirmative. Le maire de la ville de Louga est depuis sa brillante élection aux dernières Locales la cible d’hommes politiques encagoulés décidés à l’affaiblir. Faute d’y arriver par la voix des urnes ou la représentativité sur le terrain, les adversaires font, alors recours à des armes non conventionnelles. C’est en quoi la clameur née de la publication du rapport 2020-2021 de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés à la riposte contre le Covid-19 ne faiblira, sans doute, jamais. Déjà, des juristes ont estimé qu’à la lecture du rapport, il découle un écart important entre le contenu et traitement de la presse. Une façon, pour eux, de dire que le tollé provoqué par la publication du rapport de la Cour des comptes sur l’usage des 700 milliards de FCFA destinés à la riposte au Covid-19 est disproportionnel à la réalité des faits. Ce juriste dit ne pas comprendre pourquoi la surfacturation n’est pas un délit et que le paiement en espèces n’est pas une infraction pénale. Pourtant ces deux faits ont été épinglés dans le rapport et aux auteurs de telles pratiques il a été recommandé une information judiciaire.

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