Le président du Mouvement JAMMI Sénégal, Ibrahima Diop, a rendu publique une lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice, dans laquelle il s’élève contre la gestion médiatique entourant la découverte de téléphones portables en possession d’un détenu et la tenue d’une conférence de presse axée sur des contenus à caractère jugé indécent.
Pour l’homme politique, le débat ne doit pas être détourné de l’essentiel. « La question fondamentale n’est pas le contenu d’un téléphone, mais sa présence même en milieu carcéral, où son usage est strictement interdit », souligne-t-il. Selon lui, cette situation révèle avant tout un grave dysfonctionnement du système pénitentiaire, dont la mission est d’assurer le contrôle et la sécurité des établissements de détention.
Ibrahima Diop estime que la responsabilité ne saurait être imputée uniquement au détenu. « Un détenu n’introduit pas un téléphone par hasard », affirme-t-il, pointant du doigt d’éventuelles défaillances administratives qui, à ses yeux, devraient faire l’objet d’un traitement interne rigoureux, plutôt qu’une exposition publique.
Sur le plan juridique, le président de JAMMI Sénégal rappelle que la détention ou le partage de contenus privés, même moralement choquants pour une partie de l’opinion, ne constitue pas systématiquement une infraction pénale, sauf dans les cas expressément prévus par la loi. Il met ainsi en garde contre toute confusion entre morale publique et droit pénal.
Plus préoccupant encore, selon lui, est le traitement médiatique d’échanges impliquant un détenu et son avocat. Ibrahima Diop dénonce une atteinte grave aux principes du secret professionnel et de la confidentialité de la relation avocat-client, qu’il considère comme des piliers indispensables à une justice équitable et crédible.
Dans sa sortie, il appelle la ministre de la Justice à faire preuve de retenue et de responsabilité institutionnelle, tout en recentrant le débat sur l’application stricte de la loi, la reddition des comptes administratifs et la réforme du système pénitentiaire.
« La justice attendue par les Sénégalais est une justice impartiale, rigoureuse, respectueuse des droits fondamentaux et capable d’assumer ses propres dysfonctionnements », conclut Ibrahima Diop, plaidant pour une approche fondée sur la pédagogie juridique plutôt que sur la mise en scène médiatique.















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